Vous connaissez ma position sur les chiens dits dangereux et sur les catégories.
Néanmoins je me dois, parce que j'ai le sens du service à la communauté des Touffes, de vous faire part de la nouvelle réglementation France sur les chiens dangereux.
Elle entre en vigueur à la fin de l’année 2009.
Tous les renseignements dans la section La Loi et la Laisse et sur le Web
Pauvre König ! Nous l’avons connu chiot quand il jouait, dans les dits « espaces verts » du village, avec Anaïs à peine adolescente.
Sa maîtresse, Mme. B. travaille dur pour soutenir un foyer au père absent et les fils encore aux études ou au chômage.
Une fois, comme elle trouvait qu’elle ne pouvait pas s’occuper du chiot, a demandé à un collègue s’il le voulait. Le chien a changé de maison.
Un jour Mme. B reçoit un coup de fil de la police genevoise : König, qui porte une puce électronique, a été trouvé attaché à un arbre !
Le collège lui dit que le jeune chien a fugué par la fenêtre de la voiture.
- Si tu ne le voulais pas, il fallait me le dire…. Dit-elle assez fâchée.
Le chien reprend sa vie au village. Mais il passe les journées seul. Il fait des sorties très courtes.
Je croise Mme B. au pied de mon immeuble.
- Je suis triste. Je dois me séparer de König. Je le donnerai à la SPA.
- Comment… ?!
- Il est devenu méchant. Il veut être le chef.
- Comment … ?!
- Il s'est rebiffé avec ma fille et comme elle enceinte, elle m’a dit qu’elle ne viendra pas à la maison avec le bébé s’il y avait un chien méchant. En plus il perd les poils … Ils tomberont sur les vêtements du bébé… Et sa tétine… C’est mon premier petit-enfant, je ne veux pas rater ça.
- ….
- En plus un éducateur canin m’a dit qu’un chien que se rebiffe contre son maître ce n’est pas bon.
- Que s’est-il passe avec votre fille ?
- Il n’a pas le droit d’entrer dans les chambres. Il le sait. Ma fille va à la chambre et lui montre les dents et veut entrer avant elle. Il est jaloux !
- La porte de la chambre était fermée ?
- Oui.
Voilà.
Vous et moi savons que nous devons laisser toujours « une issue, une porte de sortie » pour que le chien ne se sente pas acculé et donc en danger. Jamais le coincer contre un angle de la pièce, dans une cage. Lui laisser la place et il fera ce qu’on lui demande.
Il m’a fallu attendre les explications de l’Ethi, l’éducatrice d’Anaïs pour le comprendre. La chienne n’obéissait pas à ma commande de sortir de sa cage car je me dressai devant la porte. Depuis que je me situe derrière elle sort sans problème. Pour la faire descendre d’un des sièges avant du camping-car (une de ses délices) je cherche à me mettre de côté, même si parfois c’est matériellement difficile. À la limite je m’éloigne et la chienne descend tranquillement de sa place préférée.
Mais, je le répète, il m’a fallu l’apprendre.
Un autre repère : comme nous croyons que les chiens ont les mêmes sentiments que nous, ils sont donc jaloux, possessifs, timides, etc., etc. Je ne suis pas très convaincue.
Un autre repère : quand nous voulons nous en defaire d’un animal nous le trouvons des défauts, surtout la méchanceté. Jadis, dans certaines régions européennes ont frappé la bête que l’on conduisait à l’abattoir. Bête qu’avait fait partie de la maisonnée pendant des années.
En France même les cochons, qu’on appelait « Monsieur » et qui mangeait les restes des repas familiaux devenait « méchant » à l’approche de la Saint-Martin, moment fatidique où il était sacrifié. Les commentaires sur ses supposées agressions permettaient de se distancier de l’animal à tuer et à manger.
J’ai vécu l’expérience. Je vous la raconte. J’étais invitée à passer les fêtes d’un pèlerinage à Urkupina, près de Cochabamba (Bolivie). La maison était grande et le patio plus grand encore. Quelques poules y picoraient sous la vigilance d’un superbe coq très haut, d’un port imposant. Je m’étais lié d’amitié avec le volatil.
Lors du repas le plus important des fêtes, je reçois dans mon assiette une énorme patte de poulet. J’écris patte et non cuisse, la patte avec les doigts et les griffes. Je la regarde. Je la reconnais effrayée. Je regarde autour de moi. Point de coq. La maîtresse de maison avait suivi mon regard.
- Oui, c’est le coq. Il était devenu méchant. Il a voulu picorer un de mes petits-enfants.
J’ouvre le livre d’Emma Parsons « Click to Calm. Healing the Agressive Dog »dont une traduction rapide donnerait «Cliquer pour calmer. Maîtrisant le chien agressif ». Parson est une comportementaliste à qui la chance - et son intelligence - lui ont permis de trouver un bon moyen d’éduquer ou de contrôler l’agressivité d’un chien.
La chance .Un bon jour, elle a adopté un chien, un toutou lequel à l’adolescence a démontré signes d’agressivité envers d’autres chiens.
L’intelligence. Après l’échec des différentes méthodes, - certaines assez … agressives - elle part pour trouver la bonne par elle-même. Elle réussi après un certain temps. Le livre est le résultat de son travail.
L’auteur nous raconte que, dans les moments de découragement, sa tutrice lui disait « N’oublies pas : ce n’est qu’un comportement ». C’est-à-dire : tout à fait possible d’être varié.
Le livre finit avec cette phrase.
Je prends Marianne de la semaine, page 46. En Danemark, Evita, le teckel du prince consort a mordu par deux fois les gardes de Sa Majesté et, semble-t-il, assez méchamment. Le Parlement danois en son complet, si l’on croit le journaliste, a demandé « l’euthanasie de l’animal ».
« Ce n’est qu’un comportement » … Ce qui est possible avec les êtres humains le changement d’un comportement l’est aussi, et peut-être plus facilement, par le conditionnement, pour les chiens. Devons-nous rester encore dans cette pensée de l’Ancien Régime, du XVIIIe siècle et même du XIXe - quand on condamnait à mort - des différentes façons -, ceux qu’on ne comprenait pas ou qui gênaient (les pauvres, les handicapés, les fous…les voleurs, les assassins, les faussaires de monnaie …) ?
C’est le rêve de plus d’un dirigeant : ce – ou celui - qui me gêne, je le fais disparaître !
Paru dans le blog citoyen "Une vie de chien" de La Tribune de Genève, sous la signature anaisnin