Comme préambule aux sujet des chiens errants que je voudrais évoquer avec vous dans les semaines à venir. Je vous proposer de lire ou de relire un article du journal Le Monde 'avril dernier.
GUERRE AUTOUR DES CHIENS ERRANTS DE BUCAREST
Une guerre sourde est menée depuis une dizaine d’années entre les partisans de l’euthanasie des chiens errants, qui ont pris en otage la capitale roumaine, et leurs défenseurs. Environ 50 000 quadrupèdes se promènent en liberté dans les rues de Bucarest et les dégâts qu’ils commettent sont préoccupants. Selon les autorités locales, dont 2 500 enfants, et une femme est morte. Les responsables locaux ont annoncé le démarrage, en mars, d’une vaste opération destinée à capturer ces chiens errants pour les mettre dans des chenils. Ceux qui ne seront pas stérilisés devraient être euthanasiés. ‘Entre 2006 et 2009, l’Etat a dépensé 1,3 millions d’euros pour soigner les personnes mordues’ a déclaré le préfet de Bucarest, Mihai Atanasoael. ‘Cette somme aurait pu servir à construire des abris pour tous les chiens. Ils ne devraient pas être dans les rues. La solution ultime sera l’euthanasie.’
Les associations de défense des animaux se sont une nouvelle fois mobilisées à Bucarest et dans d’autres grandes villes du pays en proie au même phénomène. Le 1er mars, alors que la mairie discutait du sort des chiens abandonnés, quelques centaines de Bucarestois étaient réunis devant l’ancienne Maison du peuple, un mastodonte bâti par Nicolae Ceausescu devenu le siège du Parlement. « Non à l’euthanasie ! », ont-ils crié dans un froid glacial. Le préfet de la capitale s’est vu traiter de « Hitler des chiens ».
Un sentiment d’abandon
« Les autorités sont criminelles, a lancé Anca Pura, militante d’une association pour la défense des chiens. On nous a réduit les salaires et les retraites, maintenant on s’apprête à couper la tête de ces chiens qui souffrent autant que nous. »
Le sentiment d’abandon par un Etat corrompu, ressenti par la majorité des Roumains depuis la chute de la dictature communiste il y a vingt et un ans, les pousse à s’identifier à ces chiens errants, victimes eux aussi de la dictature et de la transition qu’a connue
En 2000, Bucarest comptait 200 000 chiens errants, et la mairie avait décidé de les euthanasier. Mais en 2008, un an après l’adhésion du pays à l’Union européenne, une nouvelle loi a interdit cette pratique. Le 1er mars,
Les associations roumaines ont, elles promis de mener une véritable guerre.
Le Monde, 4 avril 2011, page 2
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