Pousse-toi, Anaïs, laisse-moi , aujourd’hui, la place.
Le propre d’un blog est de montrer et de cacher au même temps. Car malgré les énormes moyens électroniques mis en œuvre pour faire et lire un blog, les auteurs et les lecteurs restent, eux, très humains. Nous, les humains sommes en constante contradiction, comme nos œuvres et donc, aussi notre internet, moyen de nous approcher et nous éloigner les uns des autres.
Je dis que dans un blog nous affichons des mots, des phrases, des périphrases, des pensées, des photos, des images variées, que nous présentons comme sincères. Au même temps nous affichons nos « profils » (tiens, je me rends compte que je n’ai coché la case « éditer votre profil ») mais pas nos identités.
Identité ? C’est-à-dire ? Si j’écris « Anaïs gone de 4 ans » …Comment imaginez-vous l’animal ? Hautaine comme une Lyonnaise ? Mangeant un tablier de sapeur ? Jouant avec une cervelle de canut ? Je vous donne le nom de l’élevage dans lequel elle née (tiens, une nationalité vaut-elle nom d’élevage ?) :
Sauriez-vous comment est sa robe après une journée de pluie ? Ses moustaches après a voir mangé une glace à la vanille ? Les chiens qu’elle préfère ? Ses rites autour de sa gamelle ? Ses défauts d’éducation ? Sa façon de dire « bonjour » à ses maîtres et aux humains bien aimées ?
Donc si je veux me dévoiler virtuellement comment faire ? Que dois-je dire ? Virtuellement. Car nous sommes sur un réseau virtuel. J’ai un doute. Virtuel ? Je prends le Petit Robert. (Oui, je sais c’est un truc de bachot : noircir des pages avec le Robert). A la page 2682
virtuel. « Qui ne tel qu’en puissance, qui est à l’état de simple possibilité. »
Avant cette première définition il y a une information que d’habitude ne lisons pas car nous sommes trop pressés. Pour une fois arrêtons-nous à lire l’histoire du mot. « 1503, rare av.2° moitié du XVIIe ; lat.scolast. virtualis, du lat. virtus « vertu ». Ensuite, il nous est dit qu’à la fin du XVIIIe siècle (nous sommes au début de la révolution industrielle mère de toutes ou presque nos manières de faire et de penser), les physiciens inventent une dégénérescence du mot virtuel, vous souvenez celui qui descendait de « vertu », le travail virtuel. Seigneur de la Mécanique Céleste ! Plus tard apparaîtront : particules virtuelles, objet virtuel, réalité … réalité virtuelle… réseaux virtuels, web…
Je reviens à mon identité virtuelle, c’est-à-dire en simple possibilité, en puissance ? Une fois encore, prise de doute j’ouvre le dictionnaire et lis que
le sens faible de puissance est « moyen ou droit grâce auquel on peut (faire qqch.) – capacité ‘La puissance de bien juger (…) est égale en tous les hommes’ (Descartes).
Ah, Ah, chère et cher Touffe, tu es en droit logique de te demander y a t il donc un sens fort de puissance? Oui, tu as bien et logiquement réfléchi :
« Etat d’une personne qui peut beaucoup, qui a une grande action sur les personnes, les choses, domination qui en résulte. ‘La puissance de Dieu est infinie’ (Balzac).
Aïe, aïe, nous sommes en train de nager dans des eaux trop profondes pour nos forcer philosophiques qui sont certes virtuelles et donc possible de faire qqch mais pas plus que ça.
Abandonnons, cher lecteur, si tu le veux bien, ces flots insondables et revenons à notre flaque.
Alors, mon identité virtuelle me permet de faire qqch (comme dit le dico) pour me rendre puissante, forte et capable de bien juger (Merci Descartes). C’est affirmé et proclamé par la Faculté : nous sommes capables de bien juger. Dumque de décider par nous-même ce que nous considérons être bien ou mal. Les jeux de la télé et les télé-realité ne vous dissent pas le contraire. Des théoriciens politiques diront que nous sommes même experts dans nos domaines de compétence quotidienne. Certes, personne mieux que moi sait comment je sais tartiner mon pain le matin. Descartes ne savait pas qu’il ouvrait la porte à nos manies individualistes et à nos bêtises présomptueuses, dont je suis la première investie.
Le paragraphe précèdent souffre des glissements logiques insupportables ? Oui, je lis trop souvent les déclarations des dirigeants politiques.
À quel propos ? Voici une question…
À propos de mille et un sujets glissés ici et là dans ce Parc à Touffes virtuel. Mais nous nous égarons. Revenons sur notre drôle de chemin. Je dis drôle car il n’est pas jonché d’écorces mais d’écueils.
La suite lundi après-midi. Un nouveau sujet de rubrique vous sera proposé !
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