La loi n° 2008-582 du 20 juin 2008 renforce les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux. Elle apporte des modifications à la partie législative du code rural (article L 211-11 et suivants).
- L’article 1er de la loi pose le principe de la création d'un observatoire national du comportement canin auprès du ministre de l'intérieur, des ministres chargés de l'agriculture et de la santé.
Un décret d’application doit en prévoir les modalités de fonctionnement.
- L’article 2 de la loi modifie l’article L 211-11 du code rural et renforce les pouvoirs du maire (à défaut du Préfet) qui peut prescrire au propriétaire d'un chien dangereux ou à son détenteur de prendre des mesures de nature à prévenir le danger. Il peut à ce titre, à la suite de l'évaluation comportementale d'un chien, imposer à son propriétaire ou à son détenteur de suivre une formation portant sur l'éducation et le comportement canins, ainsi que sur la prévention des accidents, et d'obtenir l'attestation d'aptitude sanctionnant cette formation. Le vétérinaire doit informer le maire de l’évaluation comportementale de l’animal (modification de l'article L 211-14-1 du code rural).
Pas de renvoi à un décret d’application donc article applicable immédiatement.
- Un certains nombre d’obligations sont imposées au propriétaire ou au détenteur d'un chien de 1ère ou 2ème catégorie (modification de l’article L 211-12 du code rural et création d’un article L. 211-13-1) :
- être titulaire de l'attestation d'aptitude.
Article soumis à décret d’application
- obligation de soumettre le chien âgé de plus de huit mois et de moins de douze mois, à l'évaluation comportementale prévue à l'article L 211-14-1. Cette évaluation peut être renouvelée dans des conditions définies par décret. Le maire peut en outre demander à tout moment une nouvelle évaluation.
- obligation d'obtenir un permis de détention délivré par le maire de la commune de résidence. La détention d’un tel animal est interdite aux mineurs, aux majeurs en tutelle, aux personnes condamnées à une peine d'emprisonnement et à celles auxquelles l'autorisation de détenir un chien a été retirée (article 5 de la loi modifiant l'article L 211-14-1).
Il existe des centaines de races et de croisements de chiens. Si certains ne sont pas considérés comme dangereux, et ne nécessitent donc pas de traitement particulier, d'autres sont, en revanche, soumis à des conditions et à un régime stricts.
L'article L 211-12 du code rural divise les chiens dangereux en deux catégories.
La première catégorie regroupe les « chiens d'attaque », dont les représentants les plus courants sont les « pit-bulls », les « boerbulls », et tous ceux qui leur sont assimilables par leurs caractéristiques morphologiques.
La seconde catégorie recense les «chiens de garde et de défense» : staffordshire, bull-terrier, american staffordshire, tosa-inu et rottweiler.
La détention d'un chien dangereux
Seules les personnes majeures qui ne sont pas soumises à une tutelle et qui n'ont jamais été condamnées pour des crimes ou des délits peuvent posséder des chiens dangereux. Si une personne s'est vue précédemment retirer la garde d'un chien qui, compte tenu des modalités de sa garde, s'est montré susceptible de comportements dangereux, la possession d'un chien de garde, de défense ou d'attaque lui est, en outre, interdite.
La déclaration d'un chien dangereux en mairie
Le chien doit être enregistré à la mairie du lieu de résidence de son maître ou gardien. Il doit être identifié, vacciné contre la rage et surtout, pour les chiens de première catégorie, stérilisé. La stérilisation est obligatoire et les propriétaires contrevenants s'exposent à une peine de six mois d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.
La loi interdit également l'acquisition, la cession (gratuite ou payante), l'importation et l'introduction sur le territoire français des chiens de la première catégorie. Tout propriétaire qui transgresserait cette interdiction s'expose à une peine de six mois d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.
Les chiens reconnus « dangereux » doivent obligatoirement et systématiquement être muselés et tenus en laisse sur la voie publique ; l'accès aux transports en commun, aux lieux publics et le stationnement dans les parties communes d'immeubles ne sont pas autorisés aux chiens de première catégorie. Concernant les chiens de deuxième catégorie, la réglementation interdit seulement le stationnement dans les parties communes des immeubles.
Pour en savoir plus :
Le site internet du ministère de l'Intérieur : les formulaires de déclarations, les notices à l'attention des propriétaires...
Le site internet Service-public : les textes de référence, questions-réponses...
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