Dernière caresse

Dans l'hebdomadaire Marianne de cette semaine (n° 631), page 91, Section Bibliothérapie par Joseph Macé-Scaron. Il fait le compte-rendu du dernier livre de Catherine Guillebaud « Dernière caresse, Gallimard. L'auteure raconte les derniers jours  d’un setter anglais.

« Aucun pathos dans cette lente descente vers le néant. Le pathos, c’est pour les hommes. De l’humour. (‘Rien n’est plus inhospitalier que l’intérieur d’une baignoire. C’est blanc, froid et glissant. J’ai un mal fou à m’y tenir debout’) puisque on partage  avec Catherine Guillebaud l’idée que les animaux n’en sont pas dépourvus. De la sensibilité aussi. Ce qui permet à l’auteur de trouver les mots justes pour une poésie du vivant. C’est un sentier, un buisson, une couleur, une odeur qui se dégage de la terre fraîche ou le fumet  d’une viande pourrie (‘Oserais-je avancer qu’un chien propre est un chien mort ?’)…

« Les bêtes  ( continue Macé-Scaron) vivent moins longtemps que leurs maîtres ; c’est déchirant, mais cela familiarise avec la mort. C’est précisément ce que Colette – comment ne pas la citer ici, ? – à très bien su saisir : ‘Nous avons vieilli, la Chatte et moi – la Chatte plus vite que moi – côte à côte (…) Cette année elle (…) dort d’un étrange sommeil du fond duquel elle étend à tâtons une patte sur ma main, une patte qui relie, à la réalité qu’éclaire ma lampe , le lieu déjà obscur vers lequel glisse la Chatte, et tous les chattes et la chienne bouledogue, et nous-mêmes’ (Marie Claire, 27 janvier 1939

 

 

 

 

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