Saynètes canis-hominidés

Pour quoi « saynètes » ? Pour quoi pas « histoires courtes » ou « dialogues » ?

C’est une affaire de goût.

Le mot a pour origine le latin sagine « gaver ou engraisser des animaux ». En vieux français comme en vieil espagnol, on disait saïn et en langue d’oc, saglin.

Les fauconniers espagnols utilisaient saïn en diminutif pour nommer les petits morceaux de gras qu’ils donnaient aux oiseaux de proie quand ils accomplissaient leur travail. Les sainetes étaient des récompenses.

Plus tard, les courtes scènes du théâtre espagnol ont été appelées comme ces morceaux savoureux.

Le Robert fait le parallèle avec le mot farce, ces comédies bouffonnes s’insérant dans des œuvres plus longues et sérieuses. Car farce est aussi l’appareil avec lequel on remplissait des pièces de boucherie (rôti, volaille ... « dindon de la farce »)

Dans la longue tradition de ces sainetes des faucons, ces farces des cailles et des dindons, il y a encore les entremets du XIIe siècle français ces petits plats qu’on servait entre le rôti et le dessert.

Au XVIIe siècle, les entremets deviendront des pièces de divertissement.

Nous balançons ainsi entre saveurs et sourires.