"L'envie d'apprendre, l'apprentissage s'appuient forcément sur l'erreur, mais une erreur qui devient aussitôt un obstacle, une énigme à résoudre.
Si l'on réduit l'apprentissage à la soumission à la norme, il est probable que l'on aura intérêt à fournir tout de suite au jeune les codes,
et lui demander de les reproduire fidèlement, il n'y aura ainsi pas d'erreurs, seulement des fautes."
Bruno Duvauchelle
J’ai toujours vécu mon identité comme un champ de tensions. Le «moi» est le point de croisement de plusieurs identités. Ma solution n’a jamais consisté à mettre fin à cette tension, ni à la neutraliser, mais à la faire fructifier.
Hugo Loetscher sur la «suissitude» publié dans l’hebdomadaire allemand «Die Zeit», traduction de Le Temps.
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Site web de La Recherche
« Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l’homme ».
C’est à Konrad Lorenz, décédé il y a exactement 20 ans, le 27 février 1989, que nous devons cette maxime.
Lorenz est l’un des pères fondateurs de l’éthologie moderne, l’étude objective et scientifique des comportements animaux. Avec Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch, il est le seul spécialiste de ce domaine de recherche à avoir reçu le prix Nobel de physiologie-médecine. Cette récompense leur fut conjointement attribuée en 1973 pour « leurs découvertes sur les types de comportement (social et individuel) des animaux ».
Initialement, l’éthologie s’est structurée autour de la querelle de l’inné et de l’acquis, avec en parallèle deux types de recherche : celle sur les instincts, qui se rattache à l’éthologie naturaliste, et celle sur l’apprentissage, liée plutôt au behaviorisme et à la psychologie expérimentale. Aujourd’hui, on peut dire que l’éthologie est toujours en partie bipolarisée. Le premier champ de recherche s’intéresse aux mécanismes neurobiologiques, cognitifs ou encore génétiques qui sous-tendent les comportements. Le deuxième champ d’investigation se place quant à lui dans une perspective évolutionniste, en étudiant les stratégies comportementales et en tâchant de comprendre ce qui a conduit à la sélection de tel ou tel comportement.
Une approche intégrative vendredi 27 février | 16:25
L'éthologie a beaucoup changé depuis les travaux des pionniers , justement récompensés par le prix Nobel en 1973 et évoqués dans le mot du jour. Son objet d'étude est toujours le comportement, animal et humain. Cette approche intégrative de biologie cherche à comprendre comment les comportements sont structurés et se mettent en place au cours du développement des individus, quelles sont leurs fonctions, quels en sont les mécanismes proches (génétiques, environnementaux, sociaux...)et lointains (relatifs à leur évolution et à leur rôle dans les processus évolutifs). Dans ce cadre, toujours d'actualité, des nouveautés sont apparues notamment dans le champ de la cognition animale (représentations, émotions, etc.),de la neuroéthologie,ou des modèles utilisés(par exemple ceux de l'intelligence distribuée pour la compréhension des sociétés d'insectes), ou encore en relation avec les sciences de l'évolution. L'apport de l'éthologie animale à la connaissance de l'Homme est bien réel, par exemple pour connaître l'origine du langage, et les approches comparatives très utiles. Que l'on puisse souligner une bipolarisation en deux champs et que cela se traduise parfois au niveau d'équipes de recherche, ne doit pas faire oublier que l'éthologie intégre ces deux champs depuis ses origines et que leur séparation n'est pas souhaitable. Un découpage excessif de l'objet d'étude empêcherait cette approche intégrative des comportements qui rend l'éthologie attractive et passionnante. Merci de cet hommage à un des pères fondateurs de l'éthologie!
Source :
http://www.larecherche.fr/content/mot-du-jour/article.html?id=25044
Lu sur le site web de la Fédération Européenne de Comportementalistes
http://www.comportementaliste-fec.org/
Commentaires de Michel CHANTON éthologiste membre titulaire de la SFECA (Société Française pour l’Etude du Comportement Animal) depuis 1995
Sur Internet, dans quelques revues consacrées au chien, on découvre là aussi que des personnes n’ayant aucune connaissance en éthologie, ce qui est facile à vérifier, s’autoproclament « éthologue » (terme qui s’utilise depuis Geoffroy Saint-Hilaire - 1849 - à noter que depuis 1950 on utilise le terme « éthologiste »).
On voit aussi apparaître des "éducateurs-comportementalistes"* alors qu'il ne peuvent justifier d'aucune formation de comportementaliste. C’est un abus et une tromperie qui s’aggravent, lorsque ce terme est utilisé pour apporter une apparence de caution scientifique à des activités comme le dressage.
L’éthologie est une science de l’observation, de l’étude du comportement dans toutes ses manifestations et à tous les niveaux, de la cellule à l’organisme entier et aux sociétés animales, des causes qui le déterminent et de ses fonctions (Campan et Scapini). Elle n’a jamais été une technique d’intervention sur le sujet, ce qui d’ailleurs ruinerait toute tentative d’observation.
En revanche, le rôle du comportementaliste est d’apporter son aide à un propriétaire de chien dérouté par un comportement d’apparence inexplicable de l’animal. Cette aide ne peut être apportée que parce que le comportementaliste possède des connaissances suffisantes en éthologie, concernant l’éthogramme du chien, singulièrement du chien familier, jointes à son expérience d’une approche systémique, le tout lui permettant d’identifier les dysfonctionnements dans cette relation interspécifique et de proposer les changements relationnels souhaitables.
Le dressage, indispensable pour contrôler efficacement un animal, et tout propriétaire de chien y est obligé, n’a nul besoin d’être appelé « éducation », terme qui signifie « transmettre des connaissances », ce qui est impossible avec un animal.
Il semble que ces contorsions sémantiques aient pour but de suggérer l’idée que le dressage est violent alors que l’éducation ne le serait pas ! Il devient donc évident que conditionner un animal (dressur en allemand) en prétendant ne pas « dresser » mais « éduquer » équivaut à tromper, d’autant que ces terminologies douteuses sont généralement employées dans un but commercial.
Un de mes anciens étudiants m’a même déclaré, somme toute avec une certaine candeur, que le terme éducateur « passait mieux auprès des clients ».
Ces pratiques malhonnêtes nuisent autant aux dresseurs consciencieux, qui sont nombreux, qu’aux comportementalistes qui se gardent bien d’intervenir sur le chien de leur consultant, car ce n’est pas leur rôle. Elles donnent une image brumeuse des secteurs d’activité des dresseurs comme de celui des comportementalistes, elles suscitent un scepticisme et une méfiance bien compréhensibles chez les propriétaires de chien demandeurs d’aide.
Ce sont ce scepticisme et cette méfiance que s’efforcent de dissiper les membres de l’association de comportementalistes C.A.D. :
http://www.comportementaliste-associationcad.org
Les y aider est dans l’intérêt de tous.
Enfin, la Fédération Européenne des Comportementalistes est très claire sur ce sujet, voici un extrait du code de déontologie de la profession de comportementaliste :
… En matière d'appellations, aucune ambiguïté de terminologie qui induirait une confusion, une dépréciation, une imprécision, ou une déformation de l'exercice que la profession de comportementaliste représente, ne sera acceptée par la Fédération Européenne des comportementalistes. Les appellations comme « éducateur-comportementaliste », relatives au dressage d’animaux, ne sont pas acceptées par la Fédération Européenne des Comportementalistes. Les personnes agissant dans le cadre du dressage d’animaux ne peuvent se prévaloir de la qualité de comportementaliste. En adhérant à la Fédération, un organisme ou une association reconnaît avoir été informé de cette disposition et l’avoir approuvée …
* même parfois « éducateur-comportementaliste-canin » ce qui ajoute le ridicule à l’imposture.
Michel Chanton, éthologiste
Source :
http://www.comportementaliste-fec.org/
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